GOOD MONKEY – Tome 2


DEADMAN et SACRAMENTO sont deux agents d’élite de l’organisation secrète GOOD MONKEY. DEADMAN est immortel malgré lui, oscillant entre vie et non‑vie.

SACRAMENTO est un colosse surhumain, immunisé à certains phénomènes psychiques.

Ils enchaînent des missions absurdes et paranormales : elfes‑machines mafieux, créature semi‑géométrique, cyborg, le GOO COLA contaminé et l’incursions dans les DARKLANDS.


(Chapitre 17 à 27)


TRIP 017 : LA PURGE (4)


Les CLOWNS tueurs montrèrent leurs dents jaunes pointues
et foncèrent en direction de notre duo du moment !


ALICIA : On en finira jamais si tous les habitants de la
ville se transforment en CLOWNS tueurs…


SACRAMENTO : Tu as raison ! On va devoir faire vite pour
retrouver l’OBJET de ce CLOWN. Si on tue tout le monde,
on aura de sérieux problèmes en plus.


ALICIA se stoppa net.


SACRAMENTO aussi.


En un instant, tous les CLOWNS tueurs autour d’eux
tombèrent au sol.


SACRAMENTO : Alicia, on ne doit pas…


ALICIA : Ce n’est pas moi !


SACRAMENTO : Que… ! ?!


Soudain une voix inconnue retentit et interrompit la
discussion entre ALICIA et SACRAMENTO.


RLYEH : Tiens ! Tiens ! Tiens ! Les débiles de chez GOOD
MONKEY.


SACRAMENTO : RLYEH ! Qu’est-ce que tu fais ici ? Pour
qui bosse-t-il cette fois ?


RLYEH, l’agent de niveau S+ de chez Leva, leva ces deux
mains en l’air comme signe de sympathie. NOSTRADAMUS
SECURITY INC.


RLYEH : Calmez-vous ! J’ai été engagé par l’egregore de
la Joie. Le CLOWN originel et en gros…


ALICIA : C’est qui ce type ?


RLYEH : Je suis RLYEH, agent de NOSTRADAMUS SECURITY
INC. retrouvez nos modalités et responsabilités, ainsi
que notre culture d’entreprise sur nostradamus.inc.onion
et…


SACRAMENTO : En gros… On va bosser ensemble ???


RLYEH : Exactement ! Vous les bouffons de chez GOOD
MONKEY, vous foutez toujours le bordel et heureusement
que DEADMAN n’est pas ici. Laissez-moi m’occuper de tout
!


SACRAMENTO se retient de ne pas s’énerver.


RLYEH : Faites-moi un topo sur ce que vous avez fait
récemment ?


L’agent de NOSTRADAMUS SECURITY INC. regarda les
cadavres de CLOWNS tueurs au sol.


ALICIA : On doit trouver un OBJET !


RLYEH : un OBJET ! C’est vraiment précis.


SACRAMENTO se reconcentre sur la mission.


SACRAMENTO : Pour résumer, il se pourrait qu’on ait
trouvé cet OBJET.

Il s’agirait du BALLON ROUGE qui
transforme n’importe quelle personne qui le touche en
CLOWNS TUEURS.


RLYEH : Je vois ! Ma mission actuelle est d’assurer
votre sécurité jusqu’à la récupération de cet OBJET
ainsi que la découverte de la personne ou de l’agence
qui l’aurait volé !


ALICIA : OK !


SACRAMENTO : Très bien ! Nous étions justement en train
de dire avant que tu tues tout le monde qu’on devrait
rester discrets !


RLYEH : Discret ? Moi qui avais besoin d’action ! Très
bien.


RLYEH regarda ALICIA et SACRAMENTO !


RLYEH : Où allons-nous maintenant ! ?


SACRAMENTO : Bonne question !!!


RLYEH : Ah oui, vous êtes vraiment des agents de
qualité, je vois.


ALICIA : On devrait… Allez voir l’INFORMATEUR ! Laissez moi gérer cette partie.


TRIP 018 : LA PURGE (5)


ALICIA : On devrait… Allez voir l’INFORMATEUR !
Laissez moi gérer cette partie.


SACRAMENTO : Tu penses à QUI ?


ALICIA : Pas à qui à quoi ?


RLYEH : Est-ce judicieux de demander à un INFORMATEUR
maintenant alors que si j’ai bien compris toutes les
agences de ce pays pourrait être impliqué ?


Les trois agents sautèrent sur les toits d’immeuble en
immeuble, de magasin en magasin.


Dans la rues LA PURGE continuer de plus belle, on
entendit des tirs à répétition ainsi que des explosions.
De la fumée se propagea de partout.


ALICIA : Justement cet INFORMATEUR n’appartient pas à ce
pays, même pas à l’espèce humaine.


RLYEH : Je vois et quand est-ce qu’on se bat ?


SACRAMENTO : On ne se bat pas !!!


RLYEH (rigola) : Tout le monde veut de la baston. On
s’ennuie un peu !!!


ALICIA senti l’envie de meurtre de RLYEH.


ALICIA : Bon nous allons devoir trouver un téléphone
publique !!!


SACRAMENTO : Très bien !


Une énorme explosion retentit proche des trois agents.


RLYEH : sacrée explosion !!!


RLYEH : Exactement ! Vous les bouffons de chez GOOD
MONKEY vous foutez toujours le bordel et heureusement
que DEADMAN n’est pas ici. Laissez moi m’occuper de tout
!


SACRAMENTO était songeur depuis le début de son arrivée
à HELL ANGELES il sentait que cette histoire n’avait
aucun sens. Un Objet a trouvé sans savoir lequel, LA
PURGE… RLYEH de chez NOSTRADAMUS SECURITY INC.


Les collaboration en agence secrète son extremement rare
voir inexistant


Que se passe-t-il vraiment ici !


La voix d’ALICIA stoppa la réflexion de SACRAMENTO.
ALICIA : Voilà une borne téléphonique descendons.


Ils arrivèrent devant la borne téléphonique. Il n’y
avait pas un bruit.

pas une explosion.

personne.


RLYEH : Personne !


SACRAMENTO : C’est trop calme. Restons sur nos gardes !


ALICIA prit le téléphone dans sa main et mis une pièce
dans la borne. Elle tapa un numéro de téléphone top
secret quand soudain…


??? : Arrêtez tout de suite ce que vous faite !


Un Homme en smoking bleu fonçé pointa son pistolet en
direction de nos trois agents.


RLYEH se mit en position de combat !


RLYEH : Enfin un peu d’action !


SACRAMENTO : Ne le tue surtout pas on a besoin d’en
savoir plus sur toute cette histoire !


ALICIA fit un pas en arrière de la borne téléphonique.


Elle leva les main en l’air.


??? : Tout le quartier est entouré par des snipers. Vous
ne ferez rien. Donnez nous le BALLON ROUGE Immédiatement
!


TRIP 019 : LA PURGE (6)


Le silence qui suivit la menace du mystérieux homme en
smoking bleu foncé était presque plus lourd que les
explosions qui secouaient HELL ANGELES quelques minutes
plus tôt.


ALICIA, les mains toujours levées, échangea un regard
inquiet avec SACRAMENTO.


RLYEH, lui, ne bougeait pas d’un millimètre, prêt à
bondir au moindre geste hostile.


L’homme fit un pas vers eux, son arme parfaitement
stable.


« Le Ballon Rouge. Maintenant. Vous savez très bien que
vous n’auriez jamais dû le récupérer. »


SACRAMENTO fronça les sourcils.


« On ne sait même pas ce que c’est réellement. »


Un sourire discret étira les lèvres de l’homme.


« C’est bien pour ça que vous avez été choisis. »


RLYEH serra les poings.


« Choisis ? Par qui ? »


L’homme abaissa légèrement son arme, comme s’il
savourait l’instant.


« Par nous. Par la CIA. »


ALICIA écarquilla les yeux.


« Impossible… On n’a jamais reçu d’ordre de votre
agence. »


« Évidemment. »


Il rangea lentement son arme dans son holster.


« Vous avez été manipulés depuis le début. Chaque
mission, chaque déplacement, chaque “coïncidence” dans
cette ville… tout était orchestré pour vous amener ici. »


SACRAMENTO sentit un frisson lui parcourir l’échine.


« Pourquoi nous ? »


« Parce que vous êtes les seuls capables de retrouver le
Ballon Rouge sans poser de questions.

Et surtout… parce que CLOWN vous observe. »


Le nom résonna dans l’air comme un coup de tonnerre.
RLYEH plissa les yeux.


« CLOWN… l’égrégore de la Joie. Une légende urbaine. Une
entité psychique née des rires forcés et de la Purge. »


L’homme hocha la tête.


« Pas une légende. Une réalité. Une conscience collective
qui se nourrit de chaos, de peur… et de joie déformée.
Le Ballon Rouge est son ancre. Son point de fixation.
Celui qui le possède peut le localiser. »


ALICIA sentit son cœur s’emballer.


« Alors… tout ce qu’on a vécu… les clowns, les attaques,
les disparitions… »


« C’était CLOWN qui se manifestait. Et vous l’avez
attiré. »


Un rire grave retentit au-dessus d’eux.


Tous levèrent la tête.


Sur le toit d’un immeuble, une silhouette massive se
tenait immobile.


Un masque blanc.


Un sourire rouge peint jusqu’aux oreilles.


Un ballon rouge flottant dans sa main.


SACRAMENTO sentit l’air vibrer autour de lui. Sa super
force réagit instinctivement, comme si quelque chose
cherchait à la provoquer.


L’homme de la CIA recula d’un pas.


« Trop tard… Il vous a trouvés. »


TRIP 020 : LA PURGE (7)


RLYEH se mit en position de combat.


ALICIA recula vers la borne téléphonique.


SACRAMENTO inspira profondément, prêt à affronter ce qui
venait.


Le ballon rouge s’éleva lentement dans le ciel.


Et la voix de CLOWN résonna dans toute la rue, déformée,
joyeuse, terrifiante.


« Vous m’avez enfin ramené mon jouet… »


Le ballon rouge flottait au-dessus d’eux, immobile,
comme suspendu dans un souffle invisible.

La silhouette massive de CLOWN, perchée sur le toit, observait la
scène sans un mot. Seul le sourire peint sur son masque
semblait vivant, vibrant d’une énergie étrange.


L’homme de la CIA recula d’un pas, la gorge serrée.


« Vous ne comprenez pas… Ce ballon n’est pas un simple
objet. C’est un catalyseur. Une graine psychique. »


SACRAMENTO sentit une pression dans l’air, comme si
l’atmosphère devenait plus lourde autour de lui.


« Explique. Maintenant. »


L’agent inspira profondément.


« Le Ballon Rouge contient une charge mémétique. Une onde
émotionnelle pure. Celui qui le libère… déclenche une
transformation. »


ALICIA fronça les sourcils.


« Une transformation de quoi ? »


« De tout le monde. »


RLYEH serra les poings.


« Arrête de tourner autour du pot. »


L’homme pointa le ballon du doigt, la voix tremblante.


« Ce ballon… transforme les gens en CLOWN. Pas en copies
physiques, mais en récepteurs. En relais. En fragments
de l’égrégore. »


Un silence glacé tomba sur le groupe.


SACRAMENTO sentit son cœur se serrer.


« Tu veux dire… qu’il peut convertir une ville entière
? »


« Une ville… un pays… un continent. Tout dépend de la
force émotionnelle du lieu. HELL ANGELES est saturée de
peur, de chaos, de rires forcés. C’est un terrain
parfait. »


ALICIA recula d’un pas, horrifiée.


« Alors la Purge… les clowns… tout ça n’était qu’un
prétexte pour amplifier l’égrégore ? »


« Exactement. CLOWN se nourrit de l’excès. De la joie
déformée. De la panique. De l’absurde.
Le Ballon Rouge est son cœur. S’il éclate… la
transformation devient irréversible. »


RLYEH se tourna vers SACRAMENTO.


« On doit le détruire. Maintenant. »


« Impossible ! Si vous le détruisez, l’énergie se libère
d’un coup. C’est pire ! Il faut le contenir ! Le
sceller!!! »


SACRAMENTO sentit une vibration étrange dans ses
muscles, comme si son propre pouvoir réagissait au
ballon.


« Pourquoi nous ? Pourquoi nous avoir manipulés pour le
retrouver ? »


« Parce que ton pouvoir, SACRAMENTO… est le seul capable
de neutraliser l’égrégore sans déclencher la
transformation… Tu es immunisé. »


Un rire grave résonna alors depuis le toit.


TRIP 021 : LA PURGE (8)


CLOWN leva lentement le ballon au-dessus de sa tête.
ALICIA blêmit.


« Il va l’activer… »


RLYEH se mit en position, prêt à bondir.


Le CIA recula, paniqué.


SACRAMENTO inspira profondément, sentant son énergie
monter comme une vague.


Le ballon rouge se mit à briller d’une lueur écarlate.
Et la voix de CLOWN, déformée et joyeuse, résonna dans
toute la rue :


« Il est temps de partager ma joie… avec le monde
entier. »


Le ballon rouge brillait d’une lueur écarlate, pulsant
comme un cœur vivant.


CLOWN, perché sur le toit, leva lentement le bras, prêt
à libérer son pouvoir. Autour d’eux, l’air vibrait,
chargé d’une énergie étrange, presque électrique.


SACRAMENTO sentit cette vibration résonner dans ses
muscles, comme si son propre pouvoir était aspiré vers
le ballon.


« Il faut le neutraliser maintenant ! » cria-t-il.


Mais avant qu’il ne puisse bouger, un grondement monta
des ruelles.


Un grondement suivi de rires.


Une horde de clowns tueurs surgit des ombres, courant,
bondissant, escaladant les murs comme des créatures
possédées. Leurs masques souriaient, mais leurs yeux
étaient vides, comme s’ils n’étaient plus vraiment
humains.


RLYEH se plaça devant SACRAMENTO et ALICIA, les bras
écartés.


« Parfait… j’attendais ça. »


Ses veines s’illuminèrent d’un rouge sombre.
Des tentacules démoniaques jaillirent de son dos, se
déployant comme des fouets vivants.

Ils frappèrent le sol, les murs, l’air, repoussant les premiers clowns qui tentaient de les encercler.


ALICIA, elle, resta immobile une seconde, concentrée.
Sa main droite devint translucide, puis totalement
invisible.


« Je prends la droite ! »


Elle fit un geste sec.


Un clown s’arrêta net, comme frappé par une force
invisible. Un second geste, et un autre s’effondra,
comme si quelque chose l’avait frappé de l’intérieur.


RLYEH éclata de rire.


« Toujours aussi efficace, ALICIA ! »


Mais la horde ne faiblissait pas.


Ils arrivaient par vagues, par dizaines, leurs rires se
mêlant en un chœur dissonant.


SACRAMENTO serra les poings.


« Je vais au ballon. Tenez-les ! »


Il bondit en avant, sa super‑force décuplée par
l’énergie étrange qui saturait l’air.

Il traversa la horde comme un boulet de canon, repoussant les clowns qui tentaient de l’agripper.

Certains furent projetés contre les murs, d’autres roulèrent au sol, incapables de stopper sa charge.


CLOWN, sur le toit, inclina la tête.


« Tu crois pouvoir m’arrêter, SACRAMENTO ? Le Ballon
Rouge est déjà éveillé… »


Le ballon pulsa plus fort.


Une onde rouge se propagea dans la rue, faisant trembler
les vitres.


ALICIA sentit son cœur se serrer.


« Il commence la transformation ! »


TRIP 022 : LA PURGE (9)


RLYEH hurla :


« SACRAMENTO, dépêche-toi ! »


SACRAMENTO bondit sur une voiture, puis sur un balcon,
puis sur le toit.


Il se retrouva face à CLOWN.


Le ballon rouge flottait entre eux, vibrant comme une
étoile prête à exploser.


CLOWN ouvrit les bras.


« Regarde, héros… Regarde ce que je peux offrir au monde.
Une joie éternelle. Une unité parfaite. Une seule
conscience. La mienne. »


SACRAMENTO sentit la pression mentale du ballon, comme
si une voix douce tentait de s’insinuer dans son esprit.


« Non… » grogna-t-il. « Je ne te laisserai pas faire. »


Il tendit la main vers le ballon.


L’air se déchira autour d’eux.


En bas, ALICIA et RLYEH continuaient de repousser la
horde, mais les clowns devenaient plus rapides, plus
agressifs, comme si le ballon amplifiait leur énergie.


ALICIA hurla :


« SACRAMENTO, fais quelque chose ! »


SACRAMENTO posa enfin sa main sur le ballon rouge.
Une lumière écarlate jaillit.


Le toit entier trembla.


CLOWN éclata d’un rire déformé.


« Trop tard… Le monde commence déjà à sourire. »


Une onde rouge se propagea autour de SACRAMENTO, faisant
trembler les tuiles sous ses pieds. Le ballon tenta de
s’arracher de sa main, comme s’il était vivant.


Dans la rue, ALICIA et RLYEH sentirent l’impact. Les clowns autour d’eux s’arrêtèrent une fraction de seconde, leurs masques vibrant comme s’ils recevaient un signal.


ALICIA recula d’un pas.


« Le ballon… il réagit à SACRAMENTO ! »


RLYEH serra les dents.


« Ou c’est CLOWN qui réagit à lui. »


Le ballon se mit à tourner sur lui-même, lentement, puis
de plus en plus vite.


Une spirale rouge se forma autour de SACRAMENTO, comme
si l’objet tentait de l’envelopper.


CLOWN leva les bras.


« Oui… laisse-toi faire. Tu es parfait pour devenir mon
nouveau noyau. »


Une voix douce, presque rassurante, résonna dans
l’esprit de SACRAMENTO.


Une voix qui n’était pas la sienne.


« Tu n’as pas à lutter. Je peux te donner un but. Une
joie éternelle. Une unité parfaite. »


SACRAMENTO sentit une pression mentale, comme si une
main invisible tentait d’ouvrir son esprit de l’intérieur.


Il vacilla.


En bas, ALICIA hurla :


« SACRAMENTO ! Résiste ! »


CLOWN éclata d’un rire grave.


« Il ne peut pas. Le Ballon Rouge transforme tout ce
qu’il touche. Et lui… il est l’hôte idéal. »


SACRAMENTO sentit ses pensées se brouiller.


Des images de rires, de masques, de couleurs vives
envahirent son esprit.


Une joie forcée, déformée, menaçait de l’engloutir.


Comme si la tentative de possession avait été un signal,
la horde entière se remit en mouvement.


Des dizaines de clowns foncèrent sur ALICIA et RLYEH,
leurs rires se transformant en cris stridents.


RLYEH planta ses pieds dans le sol.


Ses tentacules démoniaques jaillirent de son dos,
fouettant l’air avec une puissance colossale.


Ils attrapèrent plusieurs clowns, les projetant en
arrière ou les immobilisant.


« VENEZ ! » hurla-t-il. « JE SUIS LÀ ! »


ALICIA, elle, leva sa main droite.


Elle devint invisible, puis translucide, puis totalement
intangible.


Elle fit un geste sec.


Un clown s’arrêta net, comme frappé par une force
interne.


Un autre geste, un autre clown s’effondra, comme si une
pression invisible l’avait neutralisé de l’intérieur.


« Je les retiens ! » cria-t-elle. « Mais ça ne tiendra pas
longtemps ! »


Sur le toit, SACRAMENTO tomba à genoux.


Le ballon rouge brillait tellement qu’il en aveuglait
presque la nuit.


CLOWN s’approcha lentement, chaque pas résonnant comme
un tambour.


« Tu es déjà à moi. Laisse moi entrer. Laisse-moi sourire
à travers toi. »


TRIP 023 : LA PURGE (10)


La voix dans l’esprit de SACRAMENTO devint plus
insistante.


Plus douce.


Plus dangereuse.


« Tu n’es pas seul. Je peux te guider. Je peux te
libérer. »


SACRAMENTO serra les dents.


Il sentit son propre pouvoir réagir, comme une vague
prête à exploser.


« Non… » grogna-t-il.


« Tu n’auras pas ma tête. Ni mon cœur. Ni mon monde. »


Il planta ses doigts dans le ballon, comme pour l’écraser.


Le ballon hurla.


Pas un son physique.


Un hurlement mental, qui fit vibrer toute la rue.
CLOWN recula d’un pas, surpris.


« Impossible… Tu résistes ? »


SACRAMENTO se releva lentement, le ballon toujours dans
sa main, sa super force irradiant autour de lui comme
une aura.


« Je ne suis pas ton hôte. Je suis ton antidote. »


Le ballon rouge vibrait dans la main de SACRAMENTO,
irradiant une lumière écarlate qui déformait l’air
autour de lui.


CLOWN, toujours sur le toit, observait la scène avec un
sourire figé, mais ses yeux, deux fentes noires
semblaient brûler d’une rage contenue.


« Tu crois pouvoir me briser ? » gronda-t-il. « Tu n’es
qu’un jouet. »


SACRAMENTO serra le ballon de toutes ses forces.


Une onde de choc rouge se propagea, faisant trembler les
murs de HELL ANGELES.


En bas, ALICIA et RLYEH furent projetés en arrière, mais
se relevèrent aussitôt.


La horde de clowns tueurs, elle, fut stoppée net, comme
figée par l’impact.


RLYEH, tentacules déployés, hurla :


« C’est maintenant, SACRAMENTO ! Finis-le ! »


ALICIA, sa main droite invisible prête à frapper,
ajouta :


« Ne le laisse pas entrer dans ta tête ! »


SACRAMENTO bondit en avant, sa super‑force décuplée par
la résistance mentale qu’il opposait à CLOWN.


Il traversa la distance qui les séparait en un éclair.
CLOWN leva une main, comme pour l’arrêter.


« Tu n’es rien sans moi. Rien sans ma joie. »


« Je ne veux pas de ta joie. »


SACRAMENTO frappa.


Un coup si puissant que le toit entier se fissura sous
l’impact.


La silhouette de CLOWN fut projetée en arrière,
traversant un mur dans un fracas assourdissant.


La lumière du ballon rouge s’éteignit d’un coup.
En bas, la horde de clowns s’effondra comme des
marionnettes dont on aurait coupé les fils.


RLYEH laissa retomber ses tentacules.


ALICIA poussa un soupir de soulagement.


« Il l’a eu… » murmura-t-elle.


TRIP 024 : LA PURGE (11)


Un rire.


Un rire lent.


Un rire grave.


Il résonna dans toute la rue, comme s’il venait de
partout à la fois.


SACRAMENTO se figea.


« Non… c’est impossible. »


Une silhouette se releva dans les décombres.


Pas CLOWN.


L’agent de la CIA.


Son smoking bleu foncé était déchiré, son visage couvert
de poussière, ses yeux écarquillés d’incompréhension.


« Qu… qu’est-ce que… vous m’avez… fait ? » balbutia-t-il.
ALICIA porta une main à sa bouche.


RLYEH recula d’un pas, horrifié.


SACRAMENTO sentit son cœur se serrer.


« Je… je l’ai frappé ? Mais… CLOWN était là. Je l’ai
vu. »


Le rire devint plus fort.


Plus proche.


Plus réel.


Une silhouette apparut sur un lampadaire, accroupie
comme un animal.


Le vrai CLOWN.


Son masque souriait, mais ses yeux brillaient d’une joie
monstrueuse.


« Tu m’as frappé ? » ricana-t-il.


« Non, SACRAMENTO… Tu as frappé ce que je voulais que tu
voies. »


Il tapota son masque du bout des doigts.


« Une illusion. Une petite farce. Une blague. »


Il éclata d’un rire déformé, si puissant qu’il fit
vibrer les vitres autour d’eux.


« Et maintenant… la vraie fête peut commencer. »


Le ballon rouge, pourtant brisé, se reforma lentement
dans la main de CLOWN, comme si le monde lui-même
obéissait à sa volonté.


SACRAMENTO recula, les poings serrés.


« Ce n’est pas fini, CLOWN. »


« Oh non… » répondit l’égrégore.


« Ce n’est que le début. »


Le rire de CLOWN résonnait encore dans les ruelles de
HELL ANGELES, un écho déformé qui semblait se répéter à
l’infini.


SACRAMENTO fixait l’égrégore perché sur le lampadaire,
le ballon rouge reformé dans sa main comme si la réalité
elle-même obéissait à sa volonté.


RLYEH, encore haletant, murmura :


« Comment… comment il a fait ça ? Je l’ai vu. On l’a tous
vu. »


ALICIA, la main droite encore invisible, tremblait
légèrement.


« Ce n’était pas lui. C’était… une projection. Une
illusion totale. »


CLOWN inclina la tête, amusé.


« Une illusion ? Oh non… c’est bien plus que ça. »


Il sauta du lampadaire, atterrissant sans bruit, comme
si la gravité n’avait aucune prise sur lui.


« Vous voulez savoir d’où viennent mes illusions ? Pourquoi vous voyez ce que je veux que vous voyiez ? Pourquoi vous frappez ce que je veux que vous frappiez ? »


SACRAMENTO serra les poings.


« Parle. »


CLOWN leva le ballon rouge devant lui.


La lumière écarlate se mit à pulser, projetant des
ombres mouvantes sur les murs.


CLOWN leva le ballon rouge devant lui.

La lumière écarlate se mit à pulser, projetant des ombres mouvantes sur les murs.


« Je ne suis pas né d’un corps, ni d’un esprit unique, »


dit CLOWN.


« Je suis né d’un besoin. »


Il fit un geste circulaire, comme pour englober toute la
ville.


« HELL ANGELES… une ville saturée de peur, de violence,
de rires forcés pendant la Purge. Une ville où les gens
portent des masques pour survivre. Où la joie est une
façade. Où le rire est une arme. »


Il approcha le ballon de son masque.


La lumière rouge se refléta dans ses yeux noirs.


« Les illusions viennent de là. De vous. De vos peurs. De
vos attentes. De vos souvenirs. Je ne crée rien. Je
révèle. Je prends ce que vous cachez au fond de vous… et
je le rends réel. »


ALICIA sentit un frisson lui parcourir l’échine.


« Tu… tu utilises nos émotions ? »


« Exactement. »


CLOWN sourit davantage.


« Vos émotions sont mon pinceau. Votre esprit est ma
toile. Je ne fais que peindre. »


TRIP 025 : LA PURGE (12)


RLYEH gronda :


« Alors l’agent de la CIA… tu l’as transformé en toi ? »


« Non. »


CLOWN éclata d’un rire bref.


« Je t’ai transformé toi. Je t’ai fait croire que tu
voyais un ennemi. Je t’ai fait croire que tu voyais un
clown. Je t’ai fait croire que tu frappais la bonne
cible. »


Il pointa SACRAMENTO du doigt.


« Et toi… tu as frappé exactement là où je voulais. »


SACRAMENTO sentit une vague de culpabilité monter en
lui, mais il la repoussa.


« Pourquoi ? Pourquoi nous manipuler ? »


CLOWN leva le ballon rouge au-dessus de sa tête.
La lumière écarlate se mit à tourbillonner autour de
lui.


« Parce que ce ballon est plus qu’un objet. C’est un
amplificateur. Un prisme. Il capte vos émotions… et les
transforme en illusions. Plus vous avez peur, plus mes
illusions sont fortes. Plus vous doutez, plus elles
deviennent réelles. »


Il fit un pas vers SACRAMENTO.


« Et toi… tu es différent. Tu résistes. Tu refuses mes
images. Tu refuses mes mensonges. Tu refuses ma joie. »


Le masque de CLOWN se pencha à quelques centimètres du
visage de SACRAMENTO.


« C’est pour ça que je veux t’avoir. Parce que si je te
brise… je brise tout ce que tu protèges. »


CLOWN recula d’un bond, se perchant à nouveau sur un
lampadaire.


« Vous vouliez la vérité ? La voilà. Mes illusions
viennent de vous. De vos peurs. De vos regrets. De vos
secrets. »


Il leva le ballon rouge, qui se mit à pulser comme un
cœur vivant.


« Et maintenant que vous savez… je vais pouvoir peindre
quelque chose de beaucoup plus beau. »


Il éclata d’un rire déformé, monstrueux, qui fit vibrer
toute la rue.


Un rire qui semblait venir de partout.


Un rire qui n’avait rien d’humain.


Un rire qui annonçait que le pire était encore à venir.
Le ballon rouge pulsa une première fois.

Une onde écarlate se propagea dans l’air, silencieuse mais
lourde, comme une respiration profonde. SACRAMENTO
sentit la vibration lui traverser la cage thoracique.


ALICIA et RLYEH reculèrent instinctivement.


HELL ANGELES réagit.


Les néons des enseignes se mirent à clignoter, leurs
couleurs se déformant pour adopter des teintes rouges et
blanches.


Les lampadaires vacillèrent, puis projetèrent des ombres
qui n’étaient plus celles des bâtiments. Les silhouettes
se tordaient, se courbaient, prenaient des formes
grotesques de visages souriants.


RLYEH murmura :


« La ville… elle devient comme lui. »


ALICIA sentit un frisson glacé lui parcourir la nuque.
« Ce n’est pas la ville qui change… c’est nous qui la
voyons comme il veut. »


CLOWN éclata d’un rire aigu.


« Exactement ! Vous commencez enfin à comprendre. »


Les murs des immeubles se couvrirent de graffitis
mouvants : des sourires, des yeux, des masques qui
semblaient suivre les agents du regard.

Les fenêtres se déformèrent, prenant la forme de bouches béantes. Les voitures abandonnées dans la rue se mirent à osciller,
comme si quelque chose riait à l’intérieur.


TRIP 026 : LA PURGE (13)


SACRAMENTO serra les poings.


« C’est son pouvoir… il étend son influence. »
CLOWN hocha la tête, ravi.


« Chaque rire, chaque peur, chaque souvenir… tout devient
matière. Je n’ai pas besoin de créer. Je n’ai qu’à
amplifier ce que vous cachez. »


Une nouvelle pulsation du ballon rouge fit vibrer le
sol.


Cette fois, les clowns tueurs au sol se relevèrent, mais
leurs mouvements étaient différents :

plus fluides, plus synchronisés, comme s’ils étaient reliés par un fil
invisible.


ALICIA recula d’un pas.


« Ils… ils se transforment aussi. »


RLYEH déploya ses tentacules, prêt à frapper.


« On doit stopper ça avant que la ville entière devienne
un cirque vivant. »


Au loin, des silhouettes apparurent dans les rues.


Des habitants de HELL ANGELES, attirés par l’onde rouge,
sortaient de leurs maisons, leurs yeux vides, leurs pas
hésitants.


Certains portaient déjà des traces de transformation :
un sourire trop large, un rire nerveux, un masque peint
sur le visage, des gestes saccadés comme des pantins.
CLOWN ouvrit les bras, triomphant.


« Regardez-les ! Ils n’attendaient que ça. La joie pure.
La joie totale. La joie sans choix. »


SACRAMENTO sentit une colère froide monter en lui.
« Tu les manipules. Tu les déformes. »


« Je les libère, » répondit CLOWN.


« Ils n’ont plus besoin de douter. Plus besoin de
souffrir. Je leur offre un rôle. Je leur offre un
sourire. »


Le ballon rouge pulsa une troisième fois.


Cette fois, la transformation devint presque palpable.
Les rues se courbèrent légèrement, comme si la ville
respirait.


Les ombres se mirent à rire.


Les panneaux de signalisation changèrent de forme,
affichant des visages souriants.


Les feux rouges restèrent bloqués sur le rouge… mais le
rouge du ballon, pas celui de la circulation.


ALICIA murmura :


« On est en train de perdre la ville… »


RLYEH serra les dents.


« Non. Pas tant que SACRAMENTO est debout. »


CLOWN tourna lentement la tête vers SACRAMENTO.


« Alors montre moi, héros… comment tu comptes arrêter une
ville entière qui rit avec moi. »


Le ballon rouge brilla d’une lumière aveuglante.


HELL ANGELES venait d’entrer dans sa première phase de
transformation.


L’agent de la CIA, encore étourdi par le coup qu’il
avait reçu, tenta de se relever. Ses mains tremblaient.
Son regard se perdait dans le vide.


SACRAMENTO fit un pas vers lui, mais s’arrêta net.
Quelque chose n’allait pas.


La peau du visage de l’agent se mit à onduler, comme si
elle fondait sous une chaleur invisible. Ses yeux se
dédoublèrent, puis se triplèrent. Son crâne se déforma,
s’élargit, se scinda en trois masses distinctes.


TRIP 027 : LA PURGE (14)


Trois visages.


Trois sourires.


Trois rires différents, qui se superposaient en un chœur
dissonant.


ALICIA recula, horrifiée.


« Il… il se transforme… »


RLYEH serra les dents.


« CLOWN l’a contaminé. Le ballon l’a touché
mentalement. »


Le nouvel être , un clown à trois têtes, chacune riant à
un rythme différent se redressa, ses mouvements
saccadés comme une marionnette tirée par trop de fils.


CLOWN, perché sur un lampadaire, applaudit lentement.


« Magnifique, n’est-ce pas ? La première fleur de ma
nouvelle ville. »


HELL ANGELES continuait de muter.


Les immeubles semblaient se pencher vers les agents,
comme pour les observer.


Les fenêtres prenaient la forme d’yeux.


Les portes se courbaient en sourires.


Les rues se déformaient, ondulant comme des rubans
vivants.


Des habitants transformés avançaient lentement, leurs
rires mécaniques résonnant dans l’air saturé de rouge.


ALICIA murmura :


« On ne peut pas rester ici. La ville devient…
consciente. »


RLYEH déploya ses tentacules, prêts à frapper.
« Alors on se fraie un chemin. »


SACRAMENTO, lui, fixait le clown à trois têtes.
« Il souffre. Il n’a pas choisi ça. »


CLOWN éclata d’un rire aigu.


« Personne ne choisit la joie. Elle s’impose. Elle
envahit. Elle transforme. »


Le clown à trois têtes bondit vers eux, ses trois
bouches riant à des rythmes différents.


RLYEH frappa le premier, ses tentacules s’enroulant
autour des bras de la créature pour la retenir.


« Je le tiens ! » grogna-t-il.


ALICIA leva sa main droite, invisible.


Elle fit un geste sec.


Une onde invisible frappa la créature, la stoppant net,
comme si une force interne venait de la neutraliser.
Mais la ville réagit.


Les murs se mirent à vibrer. Les lampadaires se
courbèrent vers eux. Les ombres se détachèrent du sol,
prenant la forme de silhouettes rieuses.


SACRAMENTO inspira profondément.


« On ne peut pas se battre contre toute une ville. Il
faut atteindre CLOWN. »


CLOWN inclina la tête, amusé.


« Atteindre ? Je suis partout. Je suis chaque rire.
Chaque ombre. Chaque souvenir. »


SACRAMENTO fit un pas en avant, sa super‑force irradiant
autour de lui comme une aura.


« Tu n’es pas la ville. Tu n’es pas la joie. Tu n’es qu’un parasite qui se nourrit de ce qu’il ne comprend pas. »


Le masque de CLOWN se figea.


Son sourire se crispa légèrement.


« Tu crois me comprendre ? Tu crois pouvoir me défier ? »

à suivre…

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